Les religions ont défini le mariage selon des critères religieux. J'en ai déjà parlé dans Papa, maman et moi.

La psychanalyse est-elle une religion ? On pourrait se le demander à la lecture des arguments de certains psychanalystes qui s'opposent au mariage pour tous et mettent en valeur les troubles affectifs et d'identité des enfants de couples homosexuels, la perte des repères familiaux.

Bien que 500 psychanalystes aient signés une pétition pour le mariage gay, la psychanalyse institutionnelle n'y est pas favorable. Elle a longtemps considéré l'homosexualité comme une perversion sexuelle, une anomalie mentale, un trouble de l'identité et a interdit un moment aux homosexuels d'être psychanalystes. Il est vrai que la psychiatrie considérait aussi l'homosexualité comme une perversion (le terme n'a disparu de la terminologie psychiatrique qu'en 1987).

La psychanalyste Annie Fortems révèle, dans Rue 89, un tabou de la psychanalyse : Anna Freud, une des filles de Sigmund Freud et elle-même psychanalyste était homosexuelle et vivait avec Dorothy Burlingham (elle aussi psychanalyste) dans une famille recomposée et homoparentale !

Ce fait a été admis par Élisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse, mais Annie Fortems parle de révisionnisme des instituts de psychanalyse qui ont voulu édulcorer ou cacher la situation. Attitude de type religieux : la théorie est supérieure aux faits et au réel !