Les débats (houleux) sur le mariage gay ont déjà bien abordé le problème. Je l'ai aussi traité à ma façon.

Mais un fait divers relance la question différemment : juridiquement, la femme (ou le mari) a-t-il plus ou moins de droits que les parents de la femme ou du mari ? Face à un problème touchant l'un des conjoints, qui décide, selon le droit ? L'autre conjoint ou les parents du conjoint ?

Innocemment, je pensais avoir toute autorité juridique pour décider de ce qui peut advenir à mon conjoint (malade, fou ou décédé), sans avoir à demander l'autorisation de ses parents ! Et bien non !

Le tribunal administratif de Châlons en Champagne vient de décider que les parents (cathos intégristes) ont le droit de réclamer le maintien de l'alimentation de leur fils en état de conscience minimale. Cet acharnement thérapeutique est donc confirmé par un tribunal, contre l'avis de la femme du patient, de certains de ces frères et sœurs, des médecins qui le suivent, du patient lui-même, qui, infirmier, a manifesté son opposition à l'idéologie de ses parents avant son accident, puis a montré des signes de rejet de traitement.

Bref, les parents ont-ils plus de légitimité que les conjoints de leur enfant ? La filiation est alors considérée comme supérieure à l'alliance. Ne parle-t-on pas souvent de pièce rapportée pour désigner la belle fille ? Que représentent alors les liens sacrés du mariage pour des catholiques intégristes ?

La juriste Anne Lefebvre-Teillard, auteure de Introduction historique au droit des personnes et de la famille explique : La filiation n’est pas un fait biologique que le droit enregistre, c’est une institution que le droit construit (…). Elle est l’un de ces concepts dont l’ordre et l’essence sont proprement politiques.

Voilà une autre piste de réflexion à suivre.