Le 16 août 2010, j'écrivais ceci, sous le même titre, sur ma page Facebook :

Après un 15 août frisquet mais hélas encore sec, je tombe sur un article qui parle du livre de Nicolas D. Kristof et Sheryl Wundunn : La moitié du ciel. Ils expliquent qu'il y a dans le monde chaque année près de 2 millions de filles qui meurent parce qu'elles sont des filles et qu'il manquerait au total 50 à 100 millions de femmes : plus que le nombre total de victimes de tous les génocides du 20e siècle !

Les hommes ne sont pas les seuls à participer à ce «genricide» : beaucoup de femmes sont complices ou très actives dans l'excision, les mariages forcés, l'esclavage sexuel, ou l'anti-contraception, le tout avec la complicité de la religion, de la culture ou de la société. Cela ne touche pas seulement les pays du Tiers Monde : une femme sur 10 serait, en France, victime de violences conjugales, et une femme violée toutes les 2 h ! Je connais de bonnes françaises qui sont encore plus fières de leurs fils que de leurs filles!

Le 11 août 2012, j'ai envie d'ajouter ceci sur mon blog :

Sous le titre Les requins font moins de victimes que les méduses un article du Monde nous donne quelques chiffres intéressants, qui prouvent bien que tous les morts n'ont pas la même valeur :

- Depuis 10 ans, il y a entre 50 et 100 attaques de requins dans le monde, pour moins de 10 morts en moyenne. Comme les requins ont l'air très méchants, on veut les tuer.

- Les méduses tuent environ 100 personnes par an. Comme les méduses sont transparentes et très nombreuses, on est fataliste et on supporte.

- Les éléphants tuent 600 personnes par an. Comme ils sont gentils (vous vous souvenez de Babar ?), on oublie ces chiffres et on les protège.

- Les scorpions tuent 5 000 personnes par an : dès qu'on en voit un, même dans le midi de la France où ils ne sont pas dangereux, on les écrase.

- Les serpents tuent 100 000 personnes par an. C'est énorme ! Comme les scorpions dès qu'on peut, on les tue, même s'il s'agit d'inoffensives couleuvres. Et on se dit qu'en France, il y a peu de serpents dangereux. Ceux qui sont tués, c'est en Afrique ou en Asie. A ces pays de se débrouiller avec cela.

En effet, tous les morts n'ont pas la même valeur. Vous voulez d'autres preuves ? Les monuments aux morts de tous les villages de France et de Navarre sont là pour célébrer environ 20 millions de morts lors de la 1e guerre mondiale : la der des ders, jamais plus ! Alors qu'on a oublié les environ 30 millions de morts de la grippe espagnole en 1918.

Tous les morts n'ont pas la même valeur : on se souvient avec horreur des 5 millions de Juifs disparus dans les camps d'extermination, mais qui se souvient du nombre de Tziganes disparus ?

Tous les morts n'ont pas la même valeur : on parle du génocide arménien (environ 1,2 millions), du génocide rwandais (environ 800 000), mais on parle de fatalité pour 1,2 millions de morts par accident de la route en 2009 et 20 à 50 millions de blessés dans le monde, selon l'OMS. En France, 3 970 personnes ont été tuées par des accidents de la route en 2011, sans bruit. Ils étaient plus de 8 000 par an il y a quelques années, avant les limitations de vitesse. Alors que le viol et l'assassinat d'un enfant ou d'une femme émeuvent la France entière.

Tous les morts n'ont pas la même valeur : aux USA, 34 000 personnes sont tuées chaque année par des armes à feu et les armes continuent à être en vente libre. Mais avec 2 morts par an par intoxication au lait cru, on a interdit la vente de fromages européens au lait cru !

Tous les morts n'ont pas la même valeur. S'ils sont de notre famille, de notre village, de notre pays, on se révolte, on s'émeut, on s'attriste, mais s'ils sont d'ailleurs, ils deviennent des statistiques, sauf si, grâce aux médias, on met un visage, un nom qui nous les rend proche. Tous les morts n'ont pas la même valeur.